Les 26 et 27 décembre 2019 s’est tenu à l’hôtel de ville de Kandi l’atelier de formation sur les droits et devoirs de l’enfant et sur la loi contre la mendicité des enfants au Bénin au profit des parents-tuteurs, les maitres coraniques, leaders religieux, maitres artisans et autres parties prenantes du projet de réinsertion socioprofessionnelle des enfants en situation de mendicité. Cet atelier initié par Caritas Bénin avec l’appui technique et financier de Kindermissionswerk a connu la participation de plus d’une trentaine d’acteurs. Parmi eux, il y avait les représentants des maitres coraniques, l’imam central de la ville, le représentant du Préfet, Le représentant du Directeur Départemental des affaires sociales et de la microfinance, le président de la ligue de défense des droits de l’homme et des peuples. Cette formation a été animée par monsieur TCHINA A. Serge, Président du Tribunal de première Instance de Kandi.

L’objectif pour Caritas Bénin était de sensibiliser des leaders religieux et les principaux acteurs du projet sur les droits et devoirs de l’enfant.

Plus spécifiquement, il s’est agi de :

  • Former 30 parents-tuteurs d’ESM, les maîtres coraniques, les maîtres artisans et autres parties prenantes du projet à Kandi sur les droits et devoirs de l'enfant ;

  • Former 30 parents-tuteurs d’ESM, les maîtres coraniques, les maîtres artisans et autres parties prenantes du projet à Kandi sur la loi contre la mendicité des enfants au Bénin ;

  • Avoir l’engagement des parents-tuteurs d’ESM, les maîtres coraniques, les maîtres artisans et autres parties prenantes formés pour la lutte contre la mendicité des enfants : « Tolérance zéro à la mendicité des enfants ».

Compte tenu de l’ampleur du phénomène, le consultant dans une démarche participative a éclairé les participants sur les textes de lois et les problématiques pointues qui en découlent. A travers les échanges avec les maitres coraniques, il ressort que :

  • La mendicité n’est pas une prescription religieuse ;

  • La mendicité est un héritage africain ;

  • La mendicité est un phénomène très bien organisé par l’ensemble des maitres coraniques car les heures sont bien déterminées ;

  • Les enfants mendient parce qu’ils ont faim. Les maitres coraniques n’ont pas assez de moyens pour les prendre en charge.

Après un débat très passionnant sur l’avenir des enfants après l’apprentissage du coran, il a été retenu que l’enseignement coranique nourrit l’âme tandis que l’enseignement formel nourrit le corps. Comment faire pour concilier les deux et sortir les enfants de la rue ? Les participants ont émis plusieurs pistes de solutions parmi lesquelles ont peut citer :

  • Création des écoles franco-arabes ;

  • Retour des enfants en situation de mendicité à leurs parents géniteurs ;

  • Organisation des cours coraniques dans les communautés d’origine par les marabouts au lieu de déplacer les enfants vers la ville ;

  • Apport des aides surtout alimentaires aux enfants en situation de mendicité.

  • Application stricte de la loi interdisant la mendicité des enfants à partir de Janvier 2020.

« Tolérance zéro à la mendicité des enfants » Caritas Bénin s’y engage.

 

Fidèle KOUKPONOU