Plaidoyer, Justice, Paix & Cohésion sociale

pde_caritasCes dix dernières années, 33 Organisations Non Gouvernementales (Ong) ont signé un accord cadre avec le Gouvernement Béninois. Caritas Bénin non seulement fait partie de celles qui sont encore actives et dynamiques sur le terrain, mais elle est aussi, selon les statistiques, l’Ong qui a le plus bénéficié de cet accord-cadre. C’est à ce titre qu’elle a été invitée par la Direction de la Promotion Economique du Ministère de l’Economie et des Finances, à participer ce mercredi 13 novembre au centre Songhaï à un atelier portant sur l’évaluation des exonérations accordées aux Ong ayant signé un accord cadre avec le Gouvernement Béninois et bilan de leurs interventions sur le terrain. Les recommandations issues de cet atelier permettront à l’Etat Béninois d’assurer un meilleur encadrement des exonérations fiscales ainsi qu’un contrôle régulier des activités exécutées par ces organisations.

logo_cebDepuis début de la semaine, la réponse de Mgr Antoine Ganye, Archevêque de Cotonou et Président de la Conférence Episcopale du Bénin fait couler encre et salive. Les expressions « réponse cinglante », « ton virulent et comminatoire », « ton incisif et comminatoire » reviennent dans les parutions d’un quotidien à l’autre. Toutefois il est judicieux de retenir que les Evêques et Administrateurs apostoliques du Bénin n’avaient d’autres intentions que de « préciser l’objet et l’esprit » de leur message qui « ne visent rien d’autre qu’à inviter à une mobilisation nationale pour un sursaut patriotique face… aux mots dont souffrent notre pays… ». Ils ont par ailleurs avoué avoir été surpris par « l’interprétation et les conclusions » que le Chef de l’Etat présente « personnellement de certains passages de leur Message, et qui se trouvent manifestement aux antipodes de leur intention réelle, de leurs pratiques habituelles, de la mission spécifique de l’Eglise. »

Les Evêques et Administrateurs apostoliques du Bénin ont affirmé avec énergie la Vérité sur le contenu de plusieurs passages de leur message entre autre :

-          La cible visée par leur message : les communautés chrétiennes ; l’ensemble des croyants et citoyens de notre Pays, aux acteurs politiques et animateurs de la Société civile.

-          Et le caractère douteux des empoisonnements et complots.

Pour finir, ils ont tenu à rappeler à la mémoire du Président Yayi Boni le rôle que l’Eglise Catholique a joué dans la vie politique et sociale du Bénin depuis la Conférence Nationale des Forces Vives de février 1990 et à travers une trentaine de lettes et messages « pour aider à former la conscience citoyenne, à construire l’unité nationale, à rechercher la paix ».

Forgez votre propre appréciation, en lisant l’intégralité de la réponse du Président de la Conférence Episcopale du Bénin, Mgr Antoine Ganye au Président de la République

J’ai l’honneur d’accuser réception de votre lettre du 09 juillet 2013 et de l’exemplaire du message de la Conférence Épiscopale de notre pays que vous avez bien voulu m’adresser et je vous en remercie de tout cœur.

En vos éminentes qualités d’hommes de Foi et de guides spirituels de nos concitoyens, je tiens à vous adresser mes sincères félicitations pour votre attachement à l’avenir de notre pays et le grand intérêt que vous portez aux questions d’intérêt national.

benin_plusieurs-drapeauxAprès  avoir lu  et relu la lettre du président Boni Yayi au président de la Conférence épiscopale  du  Bénin,  Mgr Antoine  Ganyé,  il  nous  est  apparu nécessaire de nous prononcer, en tant que fidèles laïcs de l’Eglise catholique du Bénin, sur certains commentaires du chef de l’Etat et aussi, sur son refus d’apprécier  des propositions concrètes que l’épiscopat lui a faites pour sortir de la crise actuelle.

Les exhortations pastorales des évêques catholiques ont toujours eu, il est vrai, pour premiers destinataires les fidèles de leur Eglise. Mais elles ont toujours eu à cœur de s’ouvrir aux hommes de bonne volonté, disposés à les accueillir dans le souci de participer à une même cause. Cela s’inscrit dans une vieille tradition d’ouverture spirituelle de l’Eglise catholique. On ne peut donc qu’être surpris que le dernier message des évêques du Bénin ait été lu par le ministre Arifari Bako comme ne devant s’adresser qu’aux seuls catholiques, parce que l’opinion des évêques ne serait pas représentative. Le caractère inédit d’une telle attitude manifestant une réelle étroitesse d’esprit indique à quel point le contenu du message gêne.

En tant que signataires de cet article, nous nous imposons de prendre position ici, tout en sachant que nous ne sommes qu’un écho de bien d’autres qui partagent la même  opinion que nous et qui auraient aimé prendre position s’ils le pouvaient. Qu’ils nous permettent de les associer, sans prétention, à notre initiative.

Bien qu’il y ait eu déjà de nombreuses  protestations dans la presse, nous avons senti le besoin urgent de répondre à la lettre du président de la République dont le contenu va au-delà des destinataires indiqués.

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Filles et fils bien-aimés de Dieu

Citoyennes et citoyens de bonne volonté,

 Appel pressant

Serviteurs de la vérité de l’Evangile (cf Jn 8, 32 ; Rm 8, 21), nous, Evêques et Administrateurs apostoliques de la Conférence épiscopale du Bénin (Ceb), fidèles à notre souci constant d’apporter notre modeste contribution à l’édification de la Nation, avons jugé bon de vous adresser ce message sur la crise socio-politique actuelle de notre pays et sur le projet de révision de la Constitution de notre République.

Le Bénin vit aujourd’hui dans un climat de fortes tensions, de divisions ouvertes, de malaise profond. La clameur du peuple, toutes tendances confondues, nous parvient au quotidien. L’angoisse, l’inquiétude et la méfiance habitent dangereusement les cœurs. Comme citoyens et pasteurs, en charge de l’éveil et de l’accompagnement des consciences, avant de parler nous avons pris le temps d’observer, d’écouter les uns et les autres, en silence, dans la prière et la méditation. Pressés par le devoir de vérité dans la charité, et au regard des événements et mouvements en cours, nous venons à présent lancer, à chaque fille et fils de ce pays, aux acteurs politiques et responsables de la Société civile, et de manière particulière au tout nouveau gouvernement qui vient d’être formé, un appel pressant au dialogue, à la paix, à la confiance réciproque en vue de la cohésion nationale.