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FOI et CHARITE : Message du Père Jean Benoît GNAMBODE, Administrateur Apostolique du Diocèse de Porto-Novo à l’occasion de la clôture de l’année de la foi

AUX

 PRETRES, RELIGIEUX, RELIGIEUSES,

FIDELES CHRETIENS,

ET HOMMES DE BONNE VOLONTE

1. L’Année de la Foi dans laquelle nous a introduits le Pape émérite Benoît XVI le 11 0ctobre 2012 a été clôturée en la Fête du Christ Roi de l’Univers, ce 24 Novembre 2013, par Sa Sainteté le Pape François. Au cours de cette année que notre diocèse a vécue en communion avec l’Eglise Universelle, nous avons choisi de nous « enraciner dans la Parole de Dieu » et de cheminer « à l’école de la Vierge Marie », Mère Dieu et notre Mère. A plusieurs reprises, dans les différents messages que je vous ai adressés, j’ai proposé à votre méditation le sens du thème choisi pour notre vie de foi et notre action pastorale. Cela a certainement rythmé notre marche commune et je prie pour que chacun en tire le meilleur profit pour l’approfondissement de sa foi en Dieu.

Au terme de cette année, alors que l’occasion nous est donnée de rendre grâce pour les merveilles que Dieu a accomplies pour nous, je vous adresse un nouveau message. Il contient le bilan de l’Année de la Foi dans notre diocèse et nous oriente vers de nouvelles perspectives afin que, par exemple, au cours de cette nouvelle année pastorale, notre vie de foi fasse fleurir notre charité.

2. L’Année de la Foi, sans conteste, nous a fait découvrir que plusieurs de nos chrétiens entendent la foi comme une foi matérielle, temporelle, la foi des solutions pratiques, immédiates et magiques ; c’est là la foi des apparences, du vernissage superficiel, la foi des sacrements pieusement reçus et soigneusement consignés dans les livrets de catholicité… Dans chacune de nos communautés, nous avons, à travers les enseignements sur le Credo, montré le lien vital entre les différents articles de notre profession de foi et notre existence chrétienne. Nous avons essayé de faire comprendre la foi comme adhésion de connaissance et d’amour à Jésus-Christ. C’est cette foi-là qui transforme et transfigure l’être intérieur ; c’est cette foi-là qui fait accueillir la souffrance et la croix pour que nous soyons de véritables disciples à la suite du Christ. Pour une suite heureuse et même bienheureuse, nous avons insisté sur la nécessité de rompre les amarres de la peur nous convainquant que « la foi n’est pas une lumière qui dissiperait toutes nos ténèbres, mais la lampe qui guide nos pas dans la nuit, et cela suffit pour le chemin. »[i]

L’un des gains les plus inestimables de cette Année de la foi, c’est aussi la compréhension que nous avons reçue du paradigme Foi et Charité. Déjà, dans le Motu Proprio « Porta Fidei » du 11 Octobre 2011, Le Pape   émérite Benoît XVI nous faisait voir le lien indissociable entre la foi et la charité quand il écrivait : « « la foi sans la charité ne porte pas de fruit et la charité sans la foi serait un sentiment à la merci constante du doute. »[ii] Cette charité est l’œuvre de Dieu en nous ; elle est notre collaboration à son action en nous et dans nos frères ; en effet, comme nous l’a enseigné Benoît XVI dans son message pour le Carême 2013[iii], « quand nous laissons place à l’amour de Dieu, nous devenons semblables à lui, nous participons de sa charité même. Nous ouvrir à son amour signifie le laisser vivre en nous, et nous conduire à aimer avec lui, en lui et comme lui ; ce n’est qu’alors que notre foi devient vraiment opérante par la charité. »[iv] Dans la ligne de cette pensée, j’ai moi-même demandé, dans le message « A l’école de Marie » et dans le mandement de Carême pour l’An de grâce 2013, que chacun de nous, prêtres, réactive toutes les structures de charité de ses communautés paroissiales ou institutionnelles en montrant, bien sûr, que le meilleur don est d’abord celui que nous faisons de nos personnes et de nos vies de prêtre à l’image du Christ « Amour incarné et crucifié ». J’ai demandé que nous élargissions les horizons de notre aumône en apprenant à tous, à travers les campagnes de Carême, les œuvres de la Caritas, les soins aux malades, les visites multipliées aux prisonniers, que « la charité est la voie maîtresse de la Doctrine Sociale de l’Eglise »[v] et le lieu de vérification de la qualité de notre foi[vi].

3. Pour cette année pastorale, recueillant tous les acquis et afin d’ « avancer au large », j’ai rendu compte, à notre Presbyterium des 17 et 18 Octobre 2013, de la rencontre organisée par le Secours Catholique de France pour les Conférences Episcopales des pays francophones de l’Afrique, à Lourdes, au début du mois d’Octobre 2013. Nous avons, ensemble, noté l’importance de la Caritas pour nos Eglises. Son action et surtout sa vitalité sont plus crédibles que nombre de nos discours. N’est-ce pas dans cet esprit que l’Apôtre Jacques écrit : « montre-moi ta foi sans les œuvres ; moi c’est par les œuvres que je te montrerai ma foi »[vii] ? Le point de vue de Saint Jacques n’est pas inconciliable avec celui que défend Saint Paul quand il affirme que seule la foi en Jésus-Christ nous sauve[viii]. Ce que refuse Saint Paul, c’est de croire que la valeur des œuvres humaines peut nous mériter le salut sans la foi au Christ. Une telle confiance en l’effort de l’homme pour se rendre juste méconnaît qu’il est foncièrement pécheur[ix]. Mais Saint Paul admet lui aussi que, une fois la justification reçue par pure grâce, la foi doit être active par la charité. Nous connaissons, à ce sujet, l’hymne à la charité de Saint Paul… « Quand j’aurais le don de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand j’aurais la plénitude de la foi, une foi à transporter des montagnes, si je n’ai pas la charité, je ne suis rien. »[x] Nous comprenons alors pourquoi le jugement dernier[xi], selon la révélation de Jésus lui-même, sera basé sur notre charité : « En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait… »[xii]. Oui, mes frères et sœurs, «  Dieu  rendra à chacun selon ses œuvres »[xiii]

  1. Au cours de cette année pastorale, trois documents du Magistère romain pourraient nous aider à approfondir, avec nos communautés, le sens du paradigme foi et charité :
  • La lettre chirographe « Au cours de la dernière cène » du Pape Jean – Paul II accordant en Août 2004, la personnalité juridique publique à Caritas Internationalis.
  • L’Encyclique « Deus Caritas est » du Pape Benoît XVI (29/06/2009) qui constitue la doctrine officielle concernant l’exercice de la charité dans l’Eglise aujourd’hui.
  • le Motu Proprio « Intimu Ecclesiae Natura », rendu public le 10 Décembre 2012 et qui met l’accent, notamment sur la responsabilité première de l’Evêque en ce qui concerne l’activité caritative dans l’Eglise, comme c’est aussi le cas pour l’annonce de la Bonne Nouvelle du Salut et la célébration des sacrements.

Nous gagnerons aussi à Insérer dans le programme la catéchèse paroissiale des exercices pratiques d’action caritative pour forger très tôt la conscience de chaque catéchumène à se rendre sensible aux besoins du prochain.

Nous pourrions aussi exiger de chaque association paroissiale une journée annuelle d’action caritative concrète pour les pauvres de la communauté.

 5. En redynamisant les structures de la Caritas ou en les créant là où elles n’existent pas, nous rendrions le plus bel hommage de notre foi à nos Pères, notamment à Feu Mgr Vincent MENSAH qui, à travers la Caritas, a relevé de nombreux hommes et femmes et mis sur la route de l’Evangile beaucoup de communautés chrétiennes. Dans l’œuvre gigantesque d’évangélisation qu’il a entreprise dans notre diocèse, il était inspiré par Saint Vincent de Paul dont nul n’ignore la passion pour le service des pauvres. C’est à bon droit que notre diocèse abrite, aujourd’hui à Tchaada, le siège national de l’Association Saint Vincent de Paul dont les actions continuent d’être bénéfiques pour nos frères et sœurs.

C’est l’esprit de sacrifice et de service de Saint Vincent de Paul qui anime la formation et le dévouement de nos Religieuses Servantes de l’Amour Rédempteur du Christ, don précieux de Mgr MENSAH, à notre diocèse. La générosité qui caractérise le service de ces Sœurs « en bleu » qui s’investissent dans nos dispensaires, hôpitaux et centres de santé ou d’animation sociale, dans les écoles et la Catéchèse, témoigne de la justesse de la vision apostolique et évangélisatrice de notre Eglise. Comme les Servantes de l’Amour Rédempteur du Christ, beaucoup d’autres Religieuses, dans notre diocèse, travaillent à mettre l’homme et la femme debout pour la gloire de Dieu :

-             Les Oblates Catéchistes Petites Servantes des Pauvres ;

-             Les Sœurs de Saint Augustin ;

-             Les Sœurs de Saint Gérard ;

-             Les Sœurs de Notre-Dame des Apôtres ;

-             Les Sœurs de Marie de la Médaille Miraculeuse ;

-             Les Sœurs de la Providence de Gap ;

-             Les Sœurs Salésiennes Missionnaires de Marie Immaculée ;

-             Les Sœurs de la Divine Volonté.

Toutes ces Religieuses sont engagées auprès des chrétiens et des non-chrétiens, ne cherchant à reconnaître, dans le prochain, que le visage du Christ. Au nom du diocèse, je les salue, je les félicite et je les remercie pour ce qu’elles font et donnent d’elles-mêmes.

Comment ne pas souligner, ici, l’œuvre, toute aussi immense, de grande charité, accomplie par les Religieux que sont les Salésiens de Don Bosco ? Depuis de nombreuses années, l’accueil des enfants de la rue, leur éducation et leur réinsertion sociale ont été la grande préoccupation des Pères et des Frères de Don Bosco à Catchi, à Saint François-Xavier et à Tokpota, dans le « Centre Magone », reconnu désormais par notre Etat, comme une maison de grande utilité sociale.

Il nous faut, en cette année pastorale, poursuivre toutes ces œuvres, bien sûr en améliorant nos services, mais aussi en travaillant à montrer à tous les bénéficiaires des œuvres caritatives de l’Eglise combien il leur faut apprendre, eux-aussi, à se donner généreusement à leurs frères et sœurs et à Dieu qui nous aime sans distinction de race, de région, de langue, de religion ou de culture. Aujourd’hui, de nouvelles Associations s’installent dans notre diocèse pour la même cause du relèvement de l’homme. Je pense particulièrement à Adolph KOLPING, du nom de ce bienheureux prêtre allemand (1813-1865) dont la vocation et le ministère furent marqués par un engagement chrétien à changer les conditions sociales des jeunes et des artisans. J’encourage les aumôniers de ces associations caritatives à œuvrer pour consolider la foi des fidèles en Notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ.

6. La charité que la foi nous donne de vivre est le socle et la fondation véritable de la cité que le Christ veut que nous bâtissions. La famille en est le premier lieu d’apprentissage. C’est pourquoi, en ce moment où l’horizon de la famille est de plus en plus obscurci en Europe, je voudrais rappeler pour nous ce que notre Pape François, dans son encyclique, enseigne, suivant la longue et riche tradition de notre Eglise : « l’union stable de l’homme et de la femme dans le mariage (…) naît de leur amour, signe et présence de l’amour de Dieu, de la reconnaissance et de l’acceptation de ce bien qu’est la différence sexuelle par laquelle les conjoints peuvent s’unir en une seule chair (cf. Gn 2, 24) et sont capables d’engendrer une nouvelle vie, manifestation de la bonté du Créateur, de sa sagesse et de son dessein d’amour. »[xiv] C’est dans ce contexte d’amour reçu et donné que s’apprennent les comportements chrétiens de la charité véritable.

7. Enfin, je voudrais m’adresser aux acteurs de l’éducation dans nos écoles catholiques. Si foi et charité sont indissociables dans la vie du chrétien, c’est à travers l’éducation que cette unité indissoluble se transmet et se vit. Nos institutions scolaires catholiques sont, en principe, le lieu de la transmission des valeurs évangéliques et de l’apprentissage des vertus. Certaines vertus sont théologales, en tant que dons de Dieu (Foi, Charité et Espérance) ; d’autres sont humaines, morales, en tant que travail de l’homme à développer, en lui-même, des dispositions habituelles et fermes à faire le bien.[xv]

La famille est le premier sanctuaire des vertus, l’école est le lieu de leur culture et de leur transmission. Les éducateurs que sont les maîtres, les enseignants et les professeurs ont reçu de Dieu, de la Société et de l’Eglise, la mission d’élever nos enfants dans une atmosphère spirituelle et morale qui favorise leur croissance équilibrée. C’est dans nos écoles catholiques que nos enfants doivent apprendre à devenir, chaque jour, plus conscients du don de la foi qu’ils ont reçu au baptême. C’est dans nos écoles catholiques que nos élèves chrétiens doivent apprendre à donner leur contribution à la croissance du Corps mystique du Christ qu’est l’Eglise. C’est dans nos écoles catholiques qu’ils doivent apprendre, déjà, à rendre témoignage à l’espérance qui est en eux[xvi], à travers l’amour de la vérité, de la justice et de la paix.

8. A la veille de cet temps de l’Avent pour Noël 2013, je ne peux m’empêcher de tourner notre regard ecclésial et diocésain vers la Vierge Marie dont je vous disais dans mon message « A l’école de Marie », citant Joseph Ratzinger, qu’elle «  doit plus que jamais servir de pédagogie pour annoncer l’Evangile aux hommes d’aujourd’hui »[xvii] En Marie foi et charité s’harmonisent de façon heureuse et fructueuse pour elle et pour l’humanité. Avec elle, pendant ce temps, vivons « la foi comme don et réponse », comme « adhésion pleine et parfaite à la volonté du Père et miséricorde divine infinie envers le prochain »[xviii]. Alors la fête de Noël sera, pour chacun et pour tous, un temps de grâce, une histoire à saveur d’éternité.

Bonne Année Pastorale à tous !

Bon temps de l’Avent !

Joyeuse Fête de Noël !

Porto-Novo, le 30 Novembre 2013

En la fête de Saint André



[i] François, Lumen Fidei, N°57

[ii] Benoît XVI, Porta Fidei, N° 14

[iii] Benoît XVI, Croire dans la charité suscite la charité, Message pour le Carême 2013

[iv] idem

[v] Benoît XVI, Caritas in veritate, Lettre encyclique, 2009, N°2

[vi] Cf A l’école de Marie, Février 2013, N°4

[vii] Jc 2, 18

[viii] Cf Rm 3, 20-31/ Gal 2, 16 / Ph3, 9

[ix] Cf Rm 1, 18 / Gal 3, 22

[x] 1 Co 13, 2

[xi] Mt 25, 31-46

[xii] Mt 25, 40

[xiii] Rm 2, 6

[xiv] François, Lumen Fidei, N° 52

[xv] Cf Catéchisme de l’Eglise Catholique, N° 1803

[xvi] Cf 1P 3, 15

[xvii] J. RATZINGER, Entretien sur la foi, Ed. Fayard, 1985, p. 123

[xviii] Benoît XVI, Croire dans la charité suscite la charité, Message pour le Carême 2013


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