Ce 22 Juin 2018 Caritas Bénin a reçu la visite des enfants de l’orphelinat franciscain de Glégbonou à Djeffa. Ils ont été accueillis par le Directeur National, le Père Philippe Sanhouékoua. Dans son allocution de bienvenue, le Directeur National leur a présenté brièvement Caritas et ses actions en faveur des enfants. Il a précisé que le rôle de Caritas est d’accueillir et de veiller sur les enfants pour qu’ils grandissent et deviennent les éminentes personnalités dont nous avons besoin pour construire notre pays le Bénin.

Ces paroles du Père Sanhouékoua cadrent bien avec l’un des messages que les enfants brandissaient: « Nous sommes des enfants, protégez-nous ».
Ils sont repartis avec quelques cartons de craies et de crayons de couleurs pour la rentrée prochaine.

Depuis 1991, le 16 Juin a été institué par l’Union Africaine comme Journée de l’Enfant Africain. C’est en souvenir du massacre des centaines d’enfants qui a lieu le 16 juin 1976 à Soweto en Afrique du Sud. Ces enfants marchaient pacifiquement pour leurs droits. L’histoire retient le nom de Hector Pieterson, cet écolier de 12 ans qui a été tué lors de cette manifestation.

 

 

 

La cérémonie officielle qui a marqué cet événement au Bénin a été présidée en personne par le
Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique, M. Sacca Lafia . Elle a connu la participation de certaines autorités dont le Directeur National de Caritas Bénin.
 
Dans son allocution, le Ministre a rassuré tous les réfugiés de la solidarité du gouvernement béninois à l’endroit de tous ceux qui sont contraints à l’exil pour diverses raisons. « Il est en effet de notre devoir d’aider les réfugiés à reprendre espoir, à donner un sens à leur vie et à oublier les horreurs des conflits, les persécutions et les violences qu’ils ont subies » a-t-il affirmé. Il n’a pas manqué de les exhorter à assumer leur responsabilité. « En retour, je vous demande de respecter les textes de la République et de vous référer aux autorités publiques en cas de difficultés », a-t-il précisé.
 
Au cours de cette cérémonie, une nouvelle carte de réfugié a été mise à disposition des ayant- droits. Selon le Ministre, « cette nouvelle carte qui a été réalisée avec l’appui du HCR répond aux normes et standards du HCR. Elle est sécurisée et permettra de circuler en toute liberté »
 
Ecouter les refugiers2Pour joindre l’acte à la parole, le Ministre Sacca Lafia a signé une pétition en faveur des réfugiés résidant sur le territoire du Bénin. Il a été suivi par les autorités présentes dont le Père Philippe Sanhouékoua, Directeur National de Caritas Bénin.
 
En marge de la cérémonie, le Père Sanhouékoua s’est entretenu avec les représentants des réfugiés. Il leur a exprimé, non seulement la proximité de Caritas Bénin, mais surtout celle de toute la confédération Caritas Internationalis qui organise actuellement une semaine mondiale d’actions en faveur des migrants dont les réfugiés. Cette semaine s’étend du 17 au 24 Juin 2018.
 
Le Directeur National a également assuré de l’engagement de la Caritas du Bénin à œuvrer aux côtés des réfugiés pour qu’ils se sentent bien accueillis sur la terre hospitalière du Bénin. Il a aussi pris connaissance de leurs doléances qui feront l’objet d’étude.
 
Rappelons, que depuis 1993 Caritas Bénin a toujours mis tout en œuvre pour que les réfugiés et les demandeurs d’asile vivent dans de bonnes conditions durant leur séjour au Bénin. Pendant 20 ans Caritas Bénin a été le partenaire privilégié du HCR à travers le Projet d’Orientation Sociale et d’Intégration des Réfugiés au Bénin (POSIR).

Depuis 2012 la Caritas Bénin a mis en œuvre un Projet d’accompagnement psycho-affectif des OEV par la méthodologie de la Boîte à Mémoire (Memory Box), une démarche d’accompagnement initiée par le Centre de Recherche de Sinomlando en Afrique du Sud. Avec l’appui des partenaires techniques et financiers (Secours Catholique – Caritas France et Caritas Allemagne), Caritas Bénin a accompagné durant la première phase 3 000 OEV et leurs familles. Fort de ses résultats satisfaisants, elle s’est mobilisée pour la mise en œuvre d’une seconde Phase du projet dénommé « Projet de soutien psycho-social aux OEV axé sur la méthodologie de la Boîte à Mémoire » débutée en Novembre 2016 pour 3 ans. C’est dans le cadre de l’évaluation à mi-parcours de cette phase du projet (2016-2019) que le présent avis d’appel à candidature est lancé pour la sélection d’un consultant.

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Témoignage de Dénis VIENOT

 

De retour au bureau ce jour, c’est avec une profonde tristesse que j’apprends le décès de Mgr Agboka. J’en suis profondément navré et chagriné, ainsi - je l’imagine - que tous les membres de Caritas Bénin, notamment tous ceux qui ont eu à travailler avec lui pendant toutes ces années. C’est non seulement une grande figure de Caritas Bénin qui disparaît, mais aussi une grande figure béninoise. Mgr Agboka a été le tisseur fervent des liens entre Caritas Bénin et Caritas France, avec aussi Melle Nicole Rivet disparue en ce début d’année.

Je formule que des deux côtés les nouvelles générations sauront se montrer à la hauteur de leurs aînés et qu’ils s’attacheront à développer et faire prospérer leur héritage.

Je vous saurai gré de transmettre à tous mes sincères condoléances attristées et ma fraternelle union de prière.

Denis VIENOT

 

Témoignage de Vincent SIBOUT

C'est avec grande émotion que j'apprends le décès de Mgr. Lucien Monsi Agboka.

J'avais été un modeste collaborateur, du temps de mon volontariat (juin 1976 - juin 1978), alors affecté au Centre rural de Pira. Ce village et sa population qui lui tenaentt tellement à coeur.
Puis, à différentes reprises, j'avais eu à le revoir : deux fois venant en vacances (dont une quand je travaillais à Caritas Mauritanie) puis lors de missions (toujours trop rapides) en tant que 'chargé de projets' au Secours Catholique (1990 - 2005).
La dernière fois, c'était dans sa maison de retraite, non loin de l'océan, maison qu'il avait voulu grande pour accueillir et accueillir encore.
Je peux dire que si je suis encore engagé dans la dynamique "développement" au sein de l'Eglise - Caritas, c'est en grande partie grâce à lui. Il m'a beaucoup aidé à devenir homme.

Que de souvenirs !
Force de la nature, il était infatigable, surtout hors de son évêché. Son chauffeur Anatole ne doit pas savoir combien de km parcourus, sans doute l'équivalent de dizaines de tours de la terre, de jour comme de nuit, en saison sèche comme en saison des pluies, le plus souvent sur des pistes (devenues progressivement goudron). Y compris une fois où j'avais du me serrer à ses côtés, avec un pare-brise cassé. Je m'en souviendrais toujours ! Sans oublier les passages obligés en pirogue pour surmonter les crues de l'Ouémé, du côté de Sagon, Zanïanado, ..
Son diocèse était bien vaste mais il n'y avait sans doute aucune localité même la plus reculée qu'il ne connaissait pas.
Combien aura-t-il usé de soutanes à marcher ici ou là, à monter et à descendre, ... ?
S'il y avait eu un classement de la popularité, très certainement aurait-il tenu la tête pendant des années et des années, notamment à une période où le régime était plutôt 'musclé' et rigide, une période où tout le monde devait être appelé 'camarade'.

Hommes de chantiers. Au sens propre comme au ses figuré.
Homme de convictions.
Son combat pour la promotion du statut des filles, des jeunes filles, des femmes, a été prophétique et inlassable. Malgré le contexte et toutes les contraintes sociologiques et sociales. Cela ne plaisait pas à tout le monde, il a été critiqué, raillé, ... mais il a continué sans fin.

Ouvrir des formations de mécanique, de chaudronnerie, de réparation de machines à coudre, coiffure hommes, à des jeunes, quelle audace, quelle révolution !

Ah ce mot de "libération" ! Dans ces années là, dans le contexte du Zou, cela voulait dire beaucoup, beaucoup de choses.
Des milliers de femmes ont très certainement eu la vie transformée grâce à lui, qu'elles soient restées paysannes ou bien devenues hauts fonctionnaires ou ministres.

Conviction aussi de participer à la construction du pays par un brassage à la fois social et géographique. Cela s'est traduit par ces fameux internats et ces camps de jeunes. Cela coûtait relativement cher, c'est vrai et beaucoup de partenaires ont 'fermé le robinet' mais c'était sans aucun doute en ne calculant pas le vrai impact humain qui ne se mesure pas en CFA.

Il savait aussi que le 'développement' est un long processus et qu'il faut aussi retrouver un certain équilibre. D'où son souci, aussi, de faciliter à des jeunes hommes des formations en tous genres.
Il savait que la formation technique, aussi poussée soit-elle, ne peut être solution à tout. Combien de fois l'ai-je entendu plaider "formation humaine" (alphabétisation, chant, instruction civique, ...) ?

Petite anecdote significative : arrivé en République Populaire du Bénin, avant l'aube d'un dimanche de Pentecôte, après avoir pris le train jusqu'à Bohicon puis le taxi jusqu'à Abomey, après avoir quelque peu erré, on a fini par me dire "Monseigneur n'est pas là. Il est à un match de football. On ne sait pas quand il reviendra". J'avoue que su le coup j'avais trouvé cela très étrange. C'est petit à petit que j'ai compris que la Bonne Nouvelle doit se vivre et se rayonner en tous lieux.

Aidé par le contexte politique de l'époque, l'auto-prise en charge était aussi un souci permanent afin de grandir dans la dignité et de ne demander des aides financières extérieures que de façon complémentaire. Là aussi, la ferme d'Agbon et son système d'entretien par des équipes renouvelées, venant des quatre coins du diocèse, était vraiment unique et pédagogique, même si sur le plan de la rentabilité, du fait du trop bas coût des produits agricoles, ce n'était pas forcément 'juteux'.

Homme de grande simplicité. Son modeste pick-up 404, son plus que modeste ancien évêché, ...
Lui qui avait été un temps, outre ses charges diocésaines et nationales, président de la Région Afrique et donc vice-président de Caritas Internationalis.

Homme de Dieu, bien sûr et surtout.
Avec courage, du temps de la 'révolution'. Avec respect, car si ses prises de paroles, au cours de célébrations eucharistiques ou profanes, étaient claires et percutantes, il laissait à ses diocésains, ses compatriotes, ses interlocuteurs, le libre choix. Homme libre, il voulait les hommes libres !
Pour lui, tout devait être mené de front. Pas de développement économique sans développement spirituel. Et réciproquement.

La grotte de Dassa, sur son diocèse avant que Dassa soit à son tour érigé en diocèse, était l'occasion de temps communautaires et forts. sans tomber dans des pratiques dévotes et déresponsabilisantes.

Les racines culturelles étaient aussi très importantes pour, tant au niveau religieux qu'humain. Le sillon noir, le hanyé, la pharmacopée locale, ....

Bien sûr, tout n'était pas très cartésien ! Il était quelque peu fâché avec l'administration et le secrétariat, avec la précision des comptes, avec l'exactitude, parfois un peu renfrogné, ....
Mais tellement bon, tellement debout, tellement africain, tellement ami de tous les hommes, spécialement les plus petits, les 'sans'.

De tout cela, j'en avais parlé encore il y a moins d'un an avec Melle Nicole Rivet, du Secours Catholique, qui avait été le trait d'union entre nous d'eux puisque c'est elle qui m'avait guidé avant mon départ pour Pira, qui avait beaucoup plaidé pour que le Secours Catholique vote chaque année d'importantes subventions pour les projets initiés par l'ex abbé Agboka, qu'elle avait accueilli précédemment comme stagiaire.
Elle aussi nous a quittés il y a peu, pour renaître, pour goûter repos et joie, auprès du Très Haut.

Que la terre lui soit légère.
Et que le Seigneur qu'il aimait tant l'accueille dans son Amour infini, avec miséricorde.

Soeur Léonie, Chers amis de Caritas Bénin, je suis en union de prière avec vous et avec toute l'Eglise du Bénin, avec le Bénin entier.
Très certainement, "de là haut", Mgr Agboka nous dit "Continuez la lutte, continuez à construire l'Eglise, continuez à vouloir un monde meilleur, un monde solidaire".

Toute mon amitié.

Vincent SIBOUT

 

 

Ledit atelier qui s'est tenu au centre Henri Vignondé de Lokossa du 19 au 20 avril 2018 a connu la participation de trente sept personnes dont les directeurs diocésains, les chargés de programmes et les responsables au suivi évaluation des dix diocèses Bénin et le staff de la Direction Nationale.

Cinq communications ont été présentées respectivement sur les thèmes ci-après :
• Mobilisation de ressources et meilleurs pratiques
• Stratégie de collecte de fonds, dons individuel, bilan
• Événement spéciaux, l’art de fréquenter les entreprises, de les séduire et de se lier avec elles
• Rôle de la communication dans le processus de Mobilisation des Ressources
• Étapes clés de l’élaboration d’un plan de communication
Les trois premières communications ont été conduites par Mme Blandine Babadankpodji, Directrice des Programmes et chargée de la Mobilisation des ressources de la Direction Nationale. Quand aux deux dernières, elles ont été animées par M. Bernard Kanmadozo, chargé de communication de la Direction Nationale.

Grâce à ces présentations, les participants regroupés en diocèse ont ébauché leurs plans de mobilisation de ressources et de communication.

Cet atelier, financé par le Crs-Bénin à travers le programme de Renforcement de Capacité des Partenaires (ReCaP), est une restitution des deux formations organisées en octobre 2016 par Caritas Africa en Naïrobi (Kenya) au profit des responsables de la mobilisation de ressources et des Communicateurs des Caritas d’Afrique.